Lien vers ce message 24 Novembre 2014, 17:36
Publié le 24-11-2014
Par RFI


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Vue aérienne d'une partie de Lagos, Nigeria.
Wikimedia


Au Nigeria, le principal parti d'opposition, l'APC, a accusé hier le pouvoir d'avoir fait saccager ses bureaux à Lagos par des agents de sécurité, à quelques mois d'une présidentielle à haut risque, en février 2015.

Une cinquantaine d'agents de sécurité venus d'Abuja, la capitale fédérale, a bloqué les portes du centre de données puis l'ont mis à sac pendant deux heures, tôt samedi matin. C’est ce qu’affirme le porte-parole du Congrès progressiste (APC).

« Ils ont pris plusieurs de nos ordinateurs et du matériel informatique et ont vandalisé l’ensemble du bureau, s'est plaint Lai Mohammed, porte-parole de l'APC à RFI. Ils ont aussi arrêté 25 jeunes hommes qui travaillaient avec nous dans la nuit ; et dimanche soir, ceux-ci étaient toujours entre les mains du département d’Etat et emprisonnés. Samedi après-midi, ils ont également arrêté notre superviseur et ils l’ont forcé à leur donner le mot de passe pour entrer dans nos logiciels. »

L’APC dénonce également l’absence de décision judiciaire. « Vous voyez, poursuit Lai Mohammed, pour avoir ce genre d’information, normalement, il faudrait avoir au moins un mandat d’arrêt. Mais les forces de l’ordre ont fait ce qu’elles voulaient. Cela prouve que ce gouvernement a mis en place une culture de l’impunité. »

Climat politique difficile

Un incident qui survient alors que le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) a mis en garde ce week-end contre les risques d'instabilité engendrés par un climat politique « de plus en plus violent » au Nigeria à l'approche de ces élections présidentielle et législatives.

Les violences politiques y sont traditionnellement récurrentes : ainsi près d'un millier de personnes avaient péri lors de violences après les élections de 2011, pourtant considérées comme les plus régulières depuis la fin des dictatures militaires en 1999.

« Nous recommandons que les dirigeants des partis et leurs candidats respectent le code de conduite que leurs formations ont signé volontairement et qui les oblige à agir pacifiquement et dans le respect du droit avant la période des élections », détaille l’analyste Mnamdi Obasi.

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L’ICG constate que l’ambiance, à l’approche des élections, est aussi « compliquée par les discours de dirigeants régionaux ethniques et religieux » et demande la fin des « discours incendiaires ».

Reste la menace Boko Haram, très importante dans le nord-est du pays. Les experts recommandent ainsi au gouvernement fédéral de renforcer « chaque organe de sécurité » et de mieux collaborer avec les autorités des Etats concernés ainsi qu’avec celles des pays voisins.
 

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